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      Deux dons pour l’église Sainte-Bernadette

Deux dons pour l’église Sainte-Bernadette

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  • 9 juillet 2015
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Récemment, une icône, écrite par Michel Buyse, et une statue de la Vierge à l’enfant, sculptée par Liliane Pichon, ont été données à l’église Sainte-Bernadette.


L’icône de la Trinité, écrite par Michel Buyse

Laissons la parole à Michel Buyse qui nous a ainsi présenté cette icône lors de la veillée du 6 mars 2015.

Cette icône de la Trinité que nous avons devant nous n’est qu’une pâle reproduction de la merveilleuse icône écrite durant 3 années par le grand iconographe Andreï Roublev aux environs de 1360.

La vie tout entière de Roublev fût vouée à la Sainte Trinité qui fût l’objet de sa contemplation incessante. Pendant une période particulièrement dramatique de l’histoire de la Russie. Le pays était déchiré par les guerres permanentes, les invasions. Roublev a tenté de rassembler toute la Russie de son époque autour de son église, autour du nom de Dieu, pour que les hommes, par la contemplation de la Sainte Trinité, dépassent leur haine et leurs violences.

De son époque troublée, aucune amertume ne filtre sur cette icône. Un pardon a été donné, une compassion en coule.

En couleur et en lumière, voici la grande théologie de l’Eglise recueillie ici toute transparente à l’Evangile

L’icône de la Trinité n’est pas une icône comme les autres. Les icônes de Jésus, de Marie, des Saints sont un peu comme des « portraits spirituels » de ceux qui ont vécu sur cette terre. La Trinité, elle, ne s’est jamais rencontrée matériellement sur cette terre. Il s’agit donc de l’illustration d’une réalité mystérieuse, fondement de notre foi, puisque la Trinité est le Dieu auquel nous croyons.

Cette icône s’inspire de la mystérieuse visite de trois voyageurs au chêne de Mambré, chez Abraham et Sara (Genèse 18,1-15).

Ce texte mystérieux et combien émouvant nous décrit une intervention personnelle de Dieu dans l’histoire de l’humanité.

Donc, trois personnages mystérieux rendent visite à Abraham qui les accueille sous le chêne de Mambré. Abraham s’adresse à eux comme s’ils étaient trois ET comme s’ils n’étaient qu’un. Il leur parle comme s’il parlait à Dieu Lui-même (Gn 18,10-14). Il n’est pas étonnant que les Pères de l’Eglise y ont discerné comme l’annonce du mystère de la Sainte Trinité.

La toute première interprétation est une présence de Dieu accompagné de deux anges. Mais lentement se dessine une interprétation trinitaire influencée par le va et vient entre le singulier et le pluriel

A présent, ouvrons les yeux de notre cœur et contemplons :

D’abord, une vision d’ensemble...
Tout est harmonie, paix, joie désintéressée, lumière qui dissipe les ténèbres, communion d’Amour. Que voyons-nous ? Trois personnages assis autours d’une table pour prendre un repas. Mais ces hommes ont un corps différent du commun des mortels : ils sont allongés, ils semblent aériens, spirituels, surnaturels. C’est ce qui est suggéré dans le récit que l’on vient d’entendre. Ils ont, en outre, chacun une auréole et un bâton de voyageur. Voyons leurs mains : apparemment ils font des gestes un peu étonnants. Quant au repas, il est stylisé, simplifié à l’extrême : une coupe contenant, apparemment, un petit animal recroquevillé.

Puis, le décor :

  • Au dessus du personnage de droite, il y a un rocher dont la pointe s’incline vers la gauche
  • Au dessus du personnage central, il y a un arbre qui, lui aussi, est incliné vers la gauche ;
  • Au dessus du personnage de gauche, il y a une maison.
  • Enfin, un détail qui a son importance : un petit rectangle situé au devant de la table qui est recouverte d’une nappe blanche.

On n’y voit ni Abraham, ni Sarah, ni le veau égorgé….Pourquoi ?
On pourrait imaginer qu’ils attendent un invité à leur table.
Cette icône, dépouillée des détails du récit, est une parabole exprimant l’Unité de Dieu. Ces trois personnages sont tellement ressemblants, tout en étant distincts, qu’ils sont comme une réplique d’un modèle unique.

L’unité des Personnes . . .
L’impression d’unité parfaite est rendue par la communauté des sentiments, cette présence tranquille et lumineuse des trois personnages qui s’inscrivent dans un cercle idéal à l’intérieur duquel l’inclinaison des trois têtes suggère un lent mouvement circulaire qui se répète à l’infini…
Elles ont le même visage irradiant la bonté, l’intelligence, la douceur, la sérénité, une force tranquille, un visage qui invite à la bonté, l’intelligence, la douceur, la sérénité.

Ces personnages ont les mêmes chevelures, les mêmes ailes, les mêmes sceptres, la même auréole, une couleur commune : un bleu brillant et lumineux. Ce bleu symbolise la Divinité qui unit ces trois personnes.

La communion d’Amour entre les personnes...
Il fallait que Dieu soit Un et Trois : l’Amour est éternel partage.
Un, c’est la solitude ; Dieu est Amour. Qui va-t-Il aimer ? Son Fils unique, son bien-aimé :

Cet Amour est si fort et si intense qu’une Troisième Personne en procède : le Saint Esprit dont la mission nous est montrée par sa main et ses doigts effilés. C’est le personnage de droite. Il révèle à notre intelligence et à notre cœur qui est le Père, qui est le Fils, quel est le dessein d’amour qui nous sauve, ce qu’est la coupe du salut.

A gauche, le Père, source de Vie, invite, par un mouvement du bras droit et un geste de la main, son Fils bien-aimé à devenir homme comme nous, à devenir Jésus, Christ et Seigneur, à être une personne à la fois divine et humaine.
Son Fils unique (au centre) porte la robe rouge, symbole du sang versé. Regardez la main droite : les deux doigts écartés expriment le mystère de l’incarnation : une personne et deux natures, l’homme-Dieu.

La maison qui domine est la maison du Père, le pôle ultime vers lequel tout converge, achèvement du dessein d’amour du Père pour toute l’humanité.
L’arbre au centre évoque l’arbre de la connaissance du bien et du mal, origine de la mort spirituelle pour devenir ensuite l’arbre de la croix qui nous a rachetés. L’arbre se penche vers la maison du Père comme le rocher, symbole des montagnes où Dieu s’est manifesté : à Moïse au Sinaï et aux apôtres au Thabor. Tout s’oriente vers la maison du Père.

La coupe du salut . . .
Tous ces gestes convergent vers un point : la coupe qui contient un petit agneau. Cette coupe figure la passion et la mort de Jésus, son sang versé et le don qu’il nous a fait de l’eucharistie : « Prenez et mangez, ceci est mon corps ; Prenez et buvez, ceci est mon sang ».

L’espace laissé à l’avant plan…
Où se trouve ce rectangle. C’est le seul élément de l’icône qui est dessiné avec notre perspective, non pas inversée. C’est notre place. Dieu nous invite à la table du banquet. Cette communion d’Amour, cette communion en Dieu ne peut que s’ouvrir à l’homme créé à l’image de Dieu « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu » a dit St Irénée de Lyon…

Les couleurs . . .
Chaque personne, tout en étant égal aux autres, a cependant sa mission propre. Les couleurs tentent de l’exprimer. Les tons bleus et or signifient la divinité. Le rouge exprime l’amour et le sang versé par le Fils. Les couleurs vert et ocre des vêtements du Père et de l’Esprit sont complémentaires dans la composition des vêtements.
Les couleurs complémentaires des vêtements du Père et de l’Esprit, le bleu lumineux porté par les trois personnes, s’allient pour mettre en évidence le vêtement rouge du Fils qui a donné sa vie par amour pour l’humanité.
L’ensemble des couleurs de l’icône exprime la joie, l’harmonie parfaite et la souffrance que le Christ à vécu pour nous sauver.

Revenons à l’histoire d’Abraham et de Sarah … Avec l’âge, ils ont perdu l’espoir de porter un fruit de vie dans une descendance : c‘est la raison du rire de Sarah
Mais Abraham a gardé un cœur ouvert :

  • Pour accueillir la visite des trois hommes
  • Pour leur ouvrir l’espace de leur tente
  • Pour recevoir une promesse
  • Pour permettre à Dieu de se manifester -encore- dans leur vie, dans leur histoire.

L’auteur de la lettre aux Hébreux nous rappelle l’expérience d’Abraham, il nous rappelle la fidélité de Dieu et nous invite, nous aussi dans l’accueil et le partage, à nous ouvrir à la communion d’Amour en Dieu (Hébreux 13,2-5).

Cette veillée de prière et méditation se terminait ainsi :
A quiconque regarde l’icône dans la foi, le Seigneur adresse un message : ...
Nous sommes venus chez toi établir notre demeure le jour de ton baptême.
Prends davantage conscience de ce que tu es à mes yeux : « Tu es mon enfant, en toi je mets mon amour, un amour de miséricorde et qui guérit toutes tes blessures. »
Porte ma Paix autour de toi et sois le signe de mon Amour auprès des petits et de ceux qui peinent.
AMEN.

Vierge à l’enfant
par Liliane Pichon (14 mai 1925 – 30 avril 2015)

Monsieur et Madame Pichon sont arrivés à Chaville en 1963 ; ils ont alors, avec leurs deux fils Christian et Patrick, fréquenté la paroisse Sainte-Bernadette ; ils ont quitté Chaville en 1971, mais Madame Pichon, revenue sur Viroflay, pas très loin de Sainte-Bernadette en 1997, a alors, à l’occasion, re-fréquenté cette église.

Les dernières années de sa vie ont été marquées par un renouvellement de sa vie spirituelle et religieuse.

Depuis les années 1995/2000, elle s’est mise à peindre et à sculpter, a fait de nombreuses expositions dans les Yvelines et Hauts-de-Seine, et a même eu quelques prix locaux.

A sa mort, ses fils ont trouvé plus pertinent de distribuer certaines des statues qu’elle avait faites à des personnes ou lieux qui pouvaient être signifiants.

Aussi ont-ils tout naturellement pensé donner cette Vierge, sculptée en 2014 (Liliane Pichon avait alors 89 ans !), à l’église Sainte-Bernadette, à l’occasion de ses obsèques qui y ont eu lieu le 7 mai 2015.

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