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      Le Christ Roi : homélie du 20 novembre

Le Christ Roi : homélie du 20 novembre

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  • 23 novembre 2011
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Tant le titre de cette solennité du "Christ Roi" que l’Evangile dit du jugement dernier ont été l’occasion, pour Guy de Wailly, diacre, de se poser de nombreuses questions : il nous les fait partager


Eglise Sainte-Bernadette, 20 novembre 2011

Solennité du Christ Roi - Homélie de Guy de Wailly, diacre

Tant par le titre de cette solennité que par cet Evangile dit du jugement dernier la préparation de cette homélie a été pour moi l’occasion de nombreuses questions. Les questions en soi ne sont pas forcément intéressantes à partager, par contre il me semble plus profitable et fraternel de partager le cheminement que la prière, la lumière de la Parole et la grâce m’ont permis de faire.

Sans doute, sommes nous mis en difficulté pour accueillir cet évangile : tant par les images que nous laisse l’Histoire et nous donnent encore les monarchies environnantes, lieux de pouvoir, lieux de vies si distantes des nôtre que par la logique distributive et rétributive qui nous habite et que notre société cultive : « j’ai le droit – il le mérite bien ……..etc etc » , société où La gratuité est si souvent absente !! rappelez-vous la parabole des ouvriers de la dernière heure

Première question : Pourquoi l’Eglise en 1925 a-t-elle institué cette nouvelle solennité ?

Alors que tout au long de sa vie terrestre, le Christ, bien que de souche royale par Joseph, s’est montré l’opposé d’un homme de pouvoir, l’avocat des pauvres, des laissés pour compte de tous genres, des personnes « sans entre gens » ; au désert il a bien été tenté sur ce point et comme pour les 2 autres tentations n’y a pas cédé.

Plus encore, en Saint Jean après la multiplication des pains la foule rassasiée grâce à la puissance du Père, veut le faire roi : Jésus s’éloigne dans la montagne pour prier et donc rejoindre son Père. Par ce refus de jouer cette opportunité, il nous dit bien son refus de recevoir un pouvoir venant des hommes, un pouvoir selon les critères du monde.

Enfin si Jésus utilise souvent la parabole du Royaume, la symbolique du roi, il ne s’agit jamais de lui mais toujours de son Père à qui il reconnait toute seigneurie, tout pouvoir et toute gloire.

Deuxième question : cet Evangile du Jugement dernier s’il est lu et interprété au premier degré, c’est-à-dire comme l’expriment, le traduisent les scènes violentes, traumatisantes même, des jugements derniers des tympans des cathédrales, de nombreux polyptiques de la Renaissance, ce ne me semble pas être bien en harmonie avec l’ensemble de l’Evangile, qui rappelez- vous signifie « Bonne nouvelle » en grec !

Pour tenter de trouver des réponses à mes questions, de ne pas rester dans une impasse j’ai repris ma Bible. Même si elle ne définit pas spécifiquement la royauté, j’y ai d’abord cherché ce qu’elle en disait à partir des missions que Yahwhé confiait aux rois Saül, David et Salomon ou dans les psaumes, ou chez les Prophètes où sont repris les nombreux reproches que fait Dieu aux rois déviants tels Manassé : le Roi idéal apparaît plus comme un pasteur qu’un potentat et le Psaume de ce jour nous le dit bien.
Le roi, s’il a un pouvoir, le tient de Dieu seul et s’il l’a, ce n’est pas à des fins personnelles mais exclusivement pour servir le peuple de Dieu, en le protégeant des ennemis politiques, de l’idolâtrie, lui assurant de bons pâturages, la prospérité.
Comme un berger et son troupeau, c’est une proximité aimante, attentive pour qu’aucun, même le plus faible, ne reste sur le bord de la route, la proie des loups.

Selon les repères de la tradition biblique, Jésus, par sa vie et ses discours répond bien aux critères de la royauté. Ne dira-t- il pas « Je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Or l’Evangile de ce jour, si nous y regardons de plus près, nous conforte dans ce sens. Comme moi vous voyez à quel point le Christ s’identifie aux plus pauvres sous toutes les formes, et lequel d’entre nous ne peut à son tour s’identifier à l’une de ces situations de pauvreté, de maladies, de faim ou de soif.

C’est bien un Dieu d’extrême proximité, ce Dieu qui endosse avec une intensité extrême notre humanité ; c’est d’ailleurs bien ce que nous dit Saint Paul dans sa lettre aux Philippiens, « Lui de condition divine devenant semblable aux hommes ». Or cette capacité de faire sienne à l’extrême la misère de l’autre, c’est la définition même de la miséricorde que nous donne Thomas d’Aquin dans sa Somme. Comment un Dieu si bon, qui a été jusqu’à prendre notre condition pour nous sauver, pourrait œuvrer tel un juge inflexible ?

Troisième question : Notre lecture du jugement comme passage devant un tribunal avec une peine ou un acquittement à la clef n’est-elle pas erronée sinon faussée par nos critères humains ?

En effet :

  • Dans la Bible, juger c’est souvent rendre juste, donc capable d’entrer en communion avec Dieu qui seul est juste et donc le seul saint.
  • Chez Dieu tout est gratuit, tout est don, et rien n’est dû : avec lui, ce n’est pas en remplissant telle ou telle rubrique que j’acquiers un droit au salut. Regardez le bon larron : il était passé devant le tribunal des hommes et il reconnaissait lui-même que sa condamnation était juste, et pourtant, il est la seule créature avec Marie dont nous soyons sûrs du salut. Car lui, il avait cru à la miséricorde salvatrice de Dieu

Ce jugement dernier tel que nous le présente Saint Matthieu ne serait-il pas une parabole pour nous montrer ce que serait la fin des temps si nos seuls critères humains étaient retenus ? Effectivement nous aurions alors bien des raisons d’avoir peur et d’angoisser.

Heureusement le Christ nous a révélé à de nombreuses reprises l’infinie miséricorde de son Père, Roi d’un Royaume créé pour nous depuis toujours, en nous rappelant que, en étant dès maintenant déjà largement bénéficiaires, nous avons contrairement au débiteur impitoyable de (Mt 18) à témoigner de cette miséricorde dès maintenant, à la diffuser dans le monde par nos vies, par notre regard sur les autres, en un mot à bien vivre le « Notre Père » au quotidien.

Enfin, heureusement nous avons depuis l’Ascension un avocat et quel avocat, auprès du Père infiniment miséricordieux ! St Jean en effet dans sa 1ère lettre (1Jn2,1) nous assure que le Christ est désormais notre juste défenseur, avocat, celui qui justifie les pécheurs, ce qui nous est confirmé par St Paul et l’auteur de la Lettre aux Hébreux.

Cet accueil de la miséricorde n’est pas un chemin de facilité : c‘est un chemin d’exigence qui implique la conversion de notre regard tant sur Dieu que sur mes voisins. A commencer sur les plus démunis, en ce jour du Secours Catholique ; si je partage, en contribuant économiquement, que devient mon regard sur l’autre, qui sera le véritable gagnant ?? Et surtout, en m’associant financièrement à cette démarche, ne vais-je pas contribuer à l’extension de cette royauté dont parle Saint Paul aux Corinthiens : royauté d’amour que le Christ remettra à son Père à la fin des temps, quand il aura vaincu toutes les puissances de mort dont l’égoïsme. (1 Co 15,24).

Guy de Wailly, diacre

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