Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous :
l’Esprit de vérité.

(Evangile saint Jean 14,16)
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Semaine pour l’unité des chrétiens

Bernard Larricq
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Ecrire à l'auteur  Bernard Larricq  5 janvier 2011
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Vous trouverez ci-joint le compte rendu de la rencontre oecuménique du 21 janvier avec, de gauche à droite sur la photo :

  • frère Gilles-Hervé Masson,
  • le Pasteur Bernard Coyault,
  • Madame Sophie Stavrou.


Comme chaque année, du 18 au 25 janvier, nous prions plus spécialement pour l’unité des chrétiens.

C’est en janvier 1933 que l’abbé Paul Couturier organisa pour la première fois à Lyon des rencontres au service de l’unité entre chrétiens avec quelque hésitation sur la durée : il fut question de « triduum », puis d’« octave ». Actuellement, la « semaine de prière » dure huit jours : traditionnellement, du 18 au 25 janvier.

Cette semaine de prière pour l’unité chrétienne est préparée chaque année par une commission internationale (et bien entendu interconfessionnelle) qui émane à la fois du Conseil œcuménique des Églises et du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Cette commission choisit un thème pour l’année (souvent formulé à travers un verset biblique). Elle sélectionne des textes de l’Écriture et des formules de prière susceptibles de nourrir la prière individuelle et les célébrations, pour chacun des jours de la Semaine de l’Unité.

Le thème de cette année est : UNIS DANS L’ENSEIGNEMENT DES APOTRES, LA COMMUNION FRATERNELLE, LA FRACTION DU PAIN ET LA PRIERE.

Sur Chaville, une recontre oecuménique a eu lieu
le vendredi 21 janvier, à 20h45 à Notre-Dame-de-Lourdes :

c’était la présentation de la nouvelle Traduction Oecuménique de la Bible (T.O.B.), avec

  • Madame Sophie Stavrou (à droite sur la photo), maitre de conférence à l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint Serge, qui a participé à cette traduction,
  • frère Gilles-Hervé Masson (à gauche sur la photo), Directeur littéraire aux éditions du Cerf,
  • Bernard Coyault (au centre sur la photo), Secrétaire Général de l’Alliance Biblique Française.

35 ans après la première Traduction Oecuménique de la Bible, c’est une aventure oecuménique unique qui a été présentée :

  • pour quoi ?
  • comment ?
  • pour qui ?

Cette nouvelle traduction comporte surtout un ensemble supplémentaire de six livres deutérocanoniques en usage dans les églises orthodoxes. Ce sera la première fois qu’une Bible imprimée en français intègre ces livres : 3 et 4 Esdras, 3 et 4 Maccabées, la prière de Manassé et le psaume 151 (voir ci-après une traduction de ces deux prières dans la traduction de la TOB).

Compte rendu de cette soirée.

Intervention de Bernard COYAULT,
secrétaire général de l’Alliance biblique française,
pasteur de l’Eglise Réformée de France.

Le fait de traduire la Bible ensemble est tout à fait récent : la TOB est la première tentative aboutie de traduction commune catholiques, protestants et orthodoxes. Plusieurs projets non aboutis ont été tentés :

  • En 1676, première tentative de Richard Simon et des pasteurs de Charenton, qui n’aboutit pas.
  • En 1866, projet avorté du pasteur Emmanuel Pétavel-Olliff : le 21 mars 1866, dans le grand amphi de la Sorbonne, une société est inaugurée pour préparer une traduction commune entre protestants, catholique et juifs, mais le projet est abandonné en 1867.
  • Dans les années 1960, c’est un projet non prémédité par les éditeurs qui est lancé, à partir de la rencontre fraternelle entre le pasteur André Morel de Mulhouse et l’abbé Jean Starcky, savant orientaliste, spécialiste des écrits de Qumran, originaire, lui aussi, de Mulhouse. Ils prennent contact avec le père Chifflot, des éditions du Cerf, qui avait été l’artisan de la Bible de Jérusalem, et avec Franck Michaeli, professeur à la faculté de théologie protestante de Paris et président de l’Alliance biblique française. La rencontre eut lieu le 19 décembre 1961. Après avoir dégagé plusieurs hypothèses de travail, le projet est finalement abandonné.
  • Juillet 1964 : le projet est relancé, avec pour objectif une révision œcuménique de la Bible de Jérusalem. Des tests sont entrepris (sur des textes de l’Exode et sur l’Epître aux Romains) par des biblistes. Le 23 janvier 1965, lors d’une réunion où sont examinées les propositions de révision de l’Epître aux Romains, il est apparu que faire une révision serait très difficile : est alors décidé de se lancer dans une nouvelle traduction commune.

La mise en place du projet se fait donc en 1965. Un accord est trouvé sur le financement et sur le mode de travail, ainsi que sur la participation orthodoxe, sur la prise en compte de la tradition juive et sur le problème des annotations. Car l’enjeu est de faire une traduction avec annotations. D’un commun accord, il fut alors décidé que l’Epître aux Romains servirait de test, car c’est le lieu de tensions fortes entre catholiques et protestants sur la compréhension du salut : l’idée est que, si on réussit à traduire (et annoter) l’Epître aux Romains, ont pourra poursuivre.

Le pasteur Georges Casalis et le père François Refoulé furent les deux porteurs du chantier qui se déroula en moins de 10 ans, et mobilisa quelques 150 personnes.

Le 16 janvier 1967, dans le grand amphi de la Sorbonne, quelques 100 ans après la tentative avortée du pasteur Pétavel et dans le même lieu, fut présenté solennellement le fascicule de l’Epître aux Romains. En 1972, le Nouveau Testament était achevé : une célébration eut lieu le 6 novembre en l’église Saint-Germain-des-Prés. L’Ancien Testament parut en 1975.

Le contexte : on est alors en pleine ferveur œcuménique, et la TOB va être le lieu de rencontre des chrétiens. La traduction de la TOB est lancée avant la promulgation de la Constitution dogmatique Dei Verbum du concile Vatican II (18 novembre 1965) qui, pour la première fois côté catholique, envisage des traductions œcuméniques.
Côté orthodoxe se font jour quelques distances sur le projet d’annotations, qui permettent d’éclairer le texte.
Côté protestants, il y a également des réticences sur les annotations. D’où la réalisation, en 1977, d’une édition avec notes essentielles, moins orientée vers une approche exégétique. Depuis, il y a toujours les deux éditions, avec la même traduction mais un appareil critique différent. Ceci permet une double appropriation de la Bible par les chrétiens, l’une qui paraît un peu érudite et permet une étude de la Bible, avec ambition scientifique, l’autre pour une appropriation de piété plus simple.

A noter que si certaines traductions de la Bible, pourtant tout à fait correctes, n’ont pas eu de succès car pas bien reçues par le peuple de Dieu, la TOB a bien passé cette épreuve.

Les révisions :

  • En 1988, une première édition révisée est publiée, avec quelques harmonisations des textes.
  • En 2004, nouvelle édition avec une légère révision sur le Pentateuque, et surtout sur les notes et les introductions, suite à l’évolution de compréhension dans la théorie des Sources.

L’édition de 2010 : L’évolution principale est dans l’introduction de 6 livres supplémentaires (voir exposé de Mme Stavrou ci-après).
Mais aussi quelques 2000 modifications, avec des corrections :

  • des corrections systématiques de traduction ; exemples : Adonaï Sabaoth qui était traduit par « le Seigneur, le tout-puissant » devient « le Seigneur de l’univers » ; l’expression « Dieu jaloux », qui peut être mal compris a été remplacée par « Dieu exigeant » ; la « jalousie » de Dieu est rendue par « zèle », ou « ardeur » ;
  • une modification importante pour la traduction du mot « juifs » dans l’Evangile de Jean (68 occurrences) : suivant le contexte, est traduit par « les juifs », ou « les habitants de Judée », ou « les autorités juives ».

Intervention de Sophie Stavrou,
professeur à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris.

Effectivement, le terme « juifs » désigne ceux qui sont de religion juive, ou les habitants de Judée, ou les autorités juives : la traduction a donc été adaptée en fonction des circonstances, pour permettre une meilleure lecture.

Les 6 nouveaux livres : cela nous invite à comprendre que l’Ancien Testament est un univers complexe. Au cœur, il y a les 39 livres de la Bible juive, partagés par tous les chrétiens. Dans la traduction de la Septante, il y a d’autres livres, d’origine grecque, mais qui peuvent parfois venir d’un original araméen ou hébreu. Les premiers chrétiens lisaient la Bible dans la version de la Septante, en grec. Pour les orthodoxes, cette version reste la version de référence.

Dans la nouvelle TOB, les orthodoxes ont surtout participé à la révision des notes. Un groupe de travail, orthodoxes, catholiques et protestant, a eu pour tâche de reprendre la traduction des 6 livres supplémentaires, pour la mettre en harmonie avec le reste de la traduction de la TOB : objectif de cohérence de la traduction et des notes tout en restant proches de l’original.

Ces 6 livres se placent à la fin de l’Ancien Testament, dont la succession est la suivante :

  • les 39 livres communs,
  • les deutéro-canoniques reçus par catholiques et orthodoxes,
  • les 6 livres reçus dans les églises orthodoxes.
    Ces textes ont été écrits entre le 2è siècle avant JC et le 3è siècle après JC : ils sont à la charnière de la naissance du christianisme.

-  Le 3è Esdras : complète les livres d’Esdras et Néhémie ; reprend une chronique sur le retour d’exil. Il comporte (chapitres 3 et 4) une joute oratoire entre trois pages de la cour de Darius. C’est un texte étonnant ; il s’agit de savoir ce qui est le plus puissant : le vin, le roi, les femmes. Zorobabel conclut : « la vérité est plus forte que tout » (3 Es 4,35).
Voir le texte complet dans la traduction de la TOB 2010 en cliquant ici.

-  Le 4è Esdras : c’est un livre dans la tradition de l’Apocalypse. Ecrit après la destruction du Temple en 70, il est marqué par ce traumatisme. Il comporte sept visions d’Esdras et, dans la dernière (ch.14), Esdras retrouve les textes bibliques. Ce texte est bien d’origine juive, mais certains passages laissent penser qu’un scribe chrétien a retravaillé le texte. Ce texte constitue un des meilleurs témoins du développement de l’espérance au sein du judaïsme à la fin du 1è siècle après Jésus-Christ.

-  Le 3è Maccabées : c’est un roman historique qui se situe en Egypte, quand le tyran décide une rafle des juifs, pour les massacrer. Ils seront sauvés in extremis. Ce texte fait réfléchir à la difficulté de vivre par rapport au pouvoir, à la difficulté de vivre dans un environnement non juif.
Voir le texte complet dans la traduction de la TOB 2010 en cliquant ici.

-  Le 4è Maccabées : écrit en grec, c’est un essai pour penser la foi juive en termes philosophiques. Il se présente comme un traité de sagesse stoïcienne. Il reprend le récit du martyre du prêtre Eléazar (ch. 6-7), des 7 frères Maccabées (ch. 8-13) et de leur mère (ch. 14-16).

-  La prière de Manassé (texte ci-après) : cette prière était chère à Luther, qui l’avait gardée dans sa Bible. Il s’agit d’une prière de repentir, qui nous plonge dans l’intimité du poète, au moment de sa conversion .C’est la rencontre entre Manassé et le Seigneur : il se retourne vers Dieu, et il demande à Dieu de se retourner vers lui.
Le texte dans la traduction de la TOB a été transcrit ci-dessous.

-  Le psaume 151 (texte ci-après) : se présente comme écrit par David, comme la signature par David du livre des Psaumes.
Le texte dans la traduction de la TOB a été transcrit ci-dessous.

Intervention du frère Gilles-Hervé Masson, dominicain,
directeur littéraire aux éditions du Cerf.

La TOB est un événement très important, de nature spirituelle ; c’est un monument qui doit nous toucher. On peut parfois redouter les formes que peut prendre le spirituel : la TOB est de nature spirituelle, d’une forme qui ouvre. La TOB est un monument de piété partagée

Parler de la Bible entre chrétiens, comme ce soir, est relativement récent.
Traduire la Bible, c’est vouloir transmettre la Parole de Dieu, comme l’ont fait les Septante, comme l’a fait Jérôme, comme l’ont fait les traducteurs de la TOB.

On n’en finit pas de traduire la Bible : il faut avoir le souci de traduire et retraduire encore. En 1965, on a passé l’épreuve décisive de traduire l’Epître aux Romains et, en 1975, la Bible entière était traduite. Or, à peine achevée, la traduction est à reprendre.

Le fait que des chrétiens se mettent à travailler ensemble pour traduire la Bible, c’est considérable. Il s’agit d’aider le lecteur à entrer dans le texte, en ménageant toutes les sensibilités, les préoccupations de chacun, tout en respectant le texte. Pour faire un outil utilisable par tous les chrétiens.

C’est une œuvre de piété : il y a une piété, qui est celle de l’intelligence des Ecritures. Confiance dans l’intelligence qui cherche à comprendre, et qui cherche à comprendre ce que le Seigneur a voulu dire, à voulu nous dire. Quand cet outil est entre nos mains, il faut qu’il serve. Et il faut faire un retour incessant à la source, ce dont témoigne la TOB. Faire ce travail de traduction, c’est pour permettre au peuple de Dieu de se mettre à l’écoute de la Parole ; car la lettre du texte est une Parole divine. Et cette traduction est faite ensemble, pour comprendre ce que Dieu dit, ce que Dieu veut dire.

La TOB, ce n’est pas le lancement d’un livre ! L’histoire de la TOB, c’est une aventure humaine, avec des amitiés, des solidarités, un trait d’union dans le Christ, et la conviction qu’il faut faire corps. C’est aussi un acte de rigueur, de patience et de persévérance : cela ne va pas de soi. En francophonie, cela a été possible, mais cela reste unique.

Ceci doit nous engager à la lecture et à l’écoute de la Parole. Cf la lectio divina, lecture patiente, simple écoute, non savante, pour que se structure l’intelligence spirituelle.

Le travail n’est évidemment pas fini. D’autres viendront demain, et apporteront d’autres éléments. Et ce livre n’est pas clos. L’apport des 6 livres supplémentaires nous montre aussi cela.

Mais : « prends et mange le livre » (Ap 10,9), c’est-à-dire fais-en ta nourriture. « Prends et lis » pourrait-on aussi dire. Ce livre n’est pas un livre fermé, totémique, talisman : c’est un livre ouvert : il y a un risque à prendre dans la lecture et l’écoute.

Questions-réponses.

Que faire des anciennes Bible ?
Quand on a fait un bout de chemin avec une traduction, on la garde. Mais on peut avoir plusieurs Bible. C’est une manière de ne pas sacraliser le texte biblique ; il est même bon d’avoir plusieurs traductions, pour ne pas enfermer le texte. D’ailleurs, aucune traduction ne peut l’épuiser. Il faut garder une curiosité par rapport au texte, et la diversité des traductions peut nous y aider. Il faut rester en quête : nos bibles se complètent.

Y a-t-il le texte de la TOB sur le net ? que dire de l’accès de la Bible via le net ?
On trouve la TOB (édition 2008) en ligne sur le site des éditions du Cerf (en version pdf) et sur le site de l’Alliance biblique française, en comparaison avec 4 autres traductions.
Nos sites reçoivent dix fois plus de visiteurs que l’on a de clients de Bible : c’est donc un vecteur important. Le web ne remplace pas le livre, mais il est important de mettre la Bible à la portée de tous, avec bien évidemment le problème du financement.
La version 2010 de la TOB n’est pas encore disponible sur le web.

Position du Vatican par rapport à la TOB ?
La Constitution dogmatique Dei Verbum (1965) avait indiqué qu’une traduction partagée était utilisable. Dans l’exhortation Verbum Domini (publiée le 11 novembre 2010), Benoit XVI est revenu sur l’opportunité de faire œuvre commune en traduisant l’écriture. La démarche est un acquis. Il est à noter que les évêques italiens ont une traduction spécifique de la Bible ; mais dans les éditions pour les scolaires, ils y ont ajouté les annotations de la TOB.

Quelles nouveautés dans cette nouvelle traduction ?
Elle repart de la version précédente. Mais un effort a été fait pour que cette traduction épouse les évolutions du français, afin que le texte soit audible. Exemple : « prophétiser » risque d’être compris comme « prédire » ; aussi a-t-il été traduit par « agir en prophète » ou par « parler en prophète », afin que l’on ne perde pas le sens.
La traduction du Notre Père : on a gardé la traduction initiale. La traduction liturgique commune « ne nous soumets pas à la tentation » est traduite par « ne nous conduis pas dans la tentation ». Importance de comparer les traductions.
Le glossaire final, avec les termes clés, est important. On a aussi amélioré les renvois entre textes. Il y a eu aussi un effort pour être systématiques et cohérents dans la traduction.
Cette version n’est pas une innovation : c’est une révision, avec quelques retouches systématiques. On affine un outil qui existe.

Les traducteurs ont-ils prié ensemble ?
La prière était une composante de la vie des traducteurs. Dans leur esprit, tout le cheminement était un acte de piété, de confiance dans le Seigneur pour écouter et comprendre sa Parole.
Pour cette édition, le travail a duré un an, avec une réunion chaque semaine ; il n’y avait pas de scission entre les moments de prière et les moments de travail. Il y a eu un vécu autour de la Bible, qui a rapproché toux ceux qui ont fait ce travail.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter :

- le site de l’association "Unité chrétienne" ;
- le site du Conseil Oecuménique des Eglises ; vous y trouverez la brochure annuelle 2011 éditée et publiée conjointement par la Commission Foi et Constitution (COE) et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Eglise catholique romaine) ;
- le site de l’Eglise catholique en France, qui fait en particulier une présentation de la nouvelle traduction de la TOB.

A noter : les mardis 10, 17 et 24 mai à l’Atrium, seront données trois conférences, dans le cadre du "Forum des Savoirs" sur "La Bible, un chef-d’oeuvre de la littérature" par Laurent Français, docteur en littérature, qui invitera à lire (ou à relire) la Bible en tant que texte littéraire.

PRIERE DE MANASSE.

Seigneur souverain, Dieu de nos pères, d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de leur juste descendance,

toi qui as fait le ciel et la terre avec toute leur beauté,

toi qui as entravé la mer par la parole de ton commandement, toi qui as fermé l’abîme et l’as scellé par ton nom redoutable et glorieux,

et devant qui tout frémit et tremble face à ta puissance !

En effet la magnificence de ta gloire est insoutenable et irrésistible est ta colère qui menace les pécheurs,

mais incommensurable et insondable est la miséricorde de ta promesse,

car c’est toi le Seigneur Très-Haut, compatissant, lent à la colère et plein de miséricorde, qui se repent des maux qui frappent les hommes.

Toi donc, Seigneur, Dieu des justes, tu n’as pas établi le repentir pour les justes, pour Abraham et Isaac et Jacob qui n’ont pas péché contre toi, mais tu as établi le repentir pour moi pécheur,

parce que j’ai commis des péchés plus nombreux que le sable de la mer. Mes transgressions se sont multipliées, Seigneur, elles se sont multipliées, et je ne suis pas digne de lever les yeux pour voir la hauteur du ciel à cause de la foule de mes péchés.

Je suis trop accablé sous le grand poids de mes chaînes pour relever la tête à cause de mes péchés. Il n’est pas pour moi de pardon car j’ai provoqué ta colère, et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux en commettant des abominations et en multipliant des objets d’horreur.

Mais maintenant je plie le genou de mon cœur en implorant ta bonté :

j’ai péché, Seigneur, j’ai péché, et mes transgressions, moi je les connais.

Je te supplie et je t’implore : pardonne-moi, Seigneur, pardonne-moi, ne m’anéantis pas à cause de mes transgressions, ne garde pas de ressentiment pour l’éternité face au mal que j’ai fait, ne me condamne pas jusque dans les profondeurs de la terre ! Car tu es, Seigneur, le Dieu de ceux qui se repentent

et en moi tu montreras ta bonté. Car, tout indigne que je sois, tu me sauveras dans ta grande miséricorde,

et je te louerai sans cesse tous les jours de ma vie. Car toute la puissance des cieux te loue et la gloire t’appartient pour l’éternité. Amen.

PSAUME 151 dans la version de la Septante.

Voici le psaume autographe sur David et hors numérotation.
Lorsqu’il lutta en combat singulier avec Goliath.

J’étais le petit parmi mes frères
et le plus jeune dans la maison de mon père.
Je faisais paître les moutons de mon père.
Mes mains ont fabriqué un instrument,
mes doigts ont ajusté une harpe.
Et qui fera l’annonce à mon Seigneur ?
Lui, le Seigneur, lui, il écoute.
Lui, il a envoyé son messager
et il m’a enlevé aux moutons de mon père
et il m’a oint de l’huile de son onction.
Mes frères étaient beaux et grands
mais le Seigneur ne s’est pas complu en eux.
Je suis sorti à la rencontre vers l’Etranger
et contre moi il a lancé des malédictions par ses idoles.
Mais moi j’ai tiré l’épée à son côté,
je l’ai décapité et j’ai enlevé l’opprobre loin des fils d’Israël.

PSAUME 151 dans le texte hébreu de Qumrân.

Alleluia ! Pour David fils de Jessé.
J’étais le petit parmi mes frères
et le plus jeune des fils de mon père.
Et celui-ci a fait de moi le berger de son troupeau
et le chef de ses chèvres.
Mes mains ont fabriqué un instrument
et mes doigts une harpe.
Et j’ai rendu gloire au Seigneur,
Je me suis dit, moi, dans mon âme :
« les montagnes n’ont pas rendu témoignage sur moi
et les collines n’ont pas proclamé à mon sujet,
les arbres ma parole et le troupeau mes actions. »
Car qui annoncera et qui dira et qui racontera mes actions ?
Le Seigneur de tout a vu,
le Dieu de tout, lui, a entendu et lui, a écouté.
Il a envoyé son prophète pour m’oindre,
Samuel pour me grandir.
Mes frères sortirent à sa rencontre,
beaux de figure et beaux d’aspect,
grands de taille, beaux de cheveux.
Le Seigneur Dieu ne les a pas choisis.
Il a envoyé me prendre et il m’a enlevé aux moutons.
Il m’a oint de l’huile sainte
et il a fait de moi le prince de son peuple
et le chef des fils de son alliance.

 

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