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Le père Ange Le Proust

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  • 22 mai 2017
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Fondateur au XVIIe siècle des soeurs hospitalières de Saint-Thomas-de-Villeneuve, congrégation connue pour venir en aide aux malades et aux pauvres, Ange Le Proust (1624-1697) appartient à l’Ordre de Saint-Augustin. Sa doctrine spirituelle est fondée sur la spiritualité de l’évêque d’Hippone et sur celle de saint Thomas de Villeneuve (1486-1555).

Pour Ange Le Proust, les personnes malades, souffrantes, vulnérables sont le lieu privilégié où Dieu se fait présent. Or le père Ange ne s’arrête pas à la seule compassion, il sollicite l’hospitalité. Il cherche à élever au niveau de la conscience l’expérience de Dieu qu’il y ressent. Il passe du coeur à la tête, de l’expérience immédiate à la conscience spirituelle.


Le père Ange Le Proust, en marche vers la béatification.

Hier comme aujourd’hui, nous avons besoin de figures de saints proposées à l’imitation des fidèles pour développer les vertus chrétiennes, pour irriguer du sang du Christ et imprégner de son visage toutes les activités du monde. Le Verbe fait chair nous invite à la contemplation et à l’action, à la Parole ingérée, digérée et faite œuvres. C’est ainsi que par le discernement de l’Eglise, la figure de saints, imitateurs du Christ, est offerte aux fidèles de tous les temps, tout autant que leur intercession pour accueillir les grâces sanctifiantes.

Trois cent vingt ans après son retour dans la Maison du Père (16 octobre 1697), la phase diocésaine du procès de béatification du Père Ange Le Proust, religieux et prêtre Augustin, a été ouverte par Monseigneur Michel Aupetit, Évêque de Nanterre, après avoir obtenu l’avis positif de la Conférence Episcopale Française et le nihil obstat de la part du Saint Siège. La première séance du tribunal ecclésiastique vient de se tenir en la fête de l’Annonciation à l’Eglise Saint Jean Baptiste de Neuilly-sur-Seine.

C’est dans la figure d’un autre saint de son temps, et donc d’un reflet du Christ, que le Père Ange Le Proust a lui-même puisé sa propre aspiration à la sainteté et ses inspirations pour la contemplation traduite en œuvres. Saint Thomas de Villeneuve, prêtre augustinien d’origine espagnole tout juste canonisé, Saint de la Charité par excellence, était alors un modèle marquant pour le Père Ange. Il avait soif, soif de Dieu et soif des âmes pour Dieu. A la suite de saint Thomas de Villeneuve, il a mené une vie totalement consacrée à Dieu et au service des plus pauvres et des marginaux, tellement que, pour lui, on pourrait bien dire les paroles de l’Apôtre : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi." », comme il a été rappelé en introduction par le père postulateur de la cause du Père Ange, Joseph Sciberras, à la cérémonie d’ouverture du procès diocésain.

C’est donc aussi dans son ouverture, sa compassion pour les refoulés de la société de son temps qu’il a puisé la matière au témoignage de sa vie. Et il a su communiquer cette volonté de se faire proche des malades, des personnes âgées et de celles qui sont en situation de handicap, lieu privilégié où Dieu se fait présent, en attirant à lui le premier groupe des jeunes tertiaires qui ont pris la forme de vie augustinienne, avec pour modèle Saint Thomas de Villeneuve : la Congrégation des sœurs hospitalières de Saint Thomas de Villeneuve, laquelle a affronté de nombreux défis durant les siècles.

La dépouille du Père Ange repose désormais en leur chapelle de la Congrégation, la chapelle ND de Bonne Délivrance, qui accueille aussi la statue de ND recueillie par les sœurs à l’issue de la période révolutionnaire (en 1806) et à laquelle on prête de très nombreuses grâces parmi lesquelles celle d’avoir libéré Saint François de Salles de sa crainte d’être damné.

Le Père Ange nous a aussi légué l’héritage toujours pleinement vivant de ses écrits, vrais joyaux de la spiritualité augustinienne et française, propices au développement d’un esprit évangélique qui trouve sa source dans l’Evangile et la prière avant d’irriguer les œuvres envers les pauvres. Comme le rappelait Mgr Santier à l’association des Amis de Saint Thomas de Villeneuve à l’occasion de sa dernière assemblée générale, «  L’Eglise est universelle mais il n’est pas de sainteté et d’universalité sans partir d’abord du particulier, d’une grâce particulière pour aller à la rencontre d’une personne, d’un pauvre. Saint Augustin parle dans « La cité de Dieu » de la miséricorde, qu’il définit comme la part que l’on prend du cours du malheur d’un autre et qui vous porte autant que faire se peut à l’assister. C’est le charisme de compassion. Autant que faire se peut, c’est-à-dire avec réalisme, prendre notre part, que chacun prenne sa part et le monde en sera transformé. Dieu prend sa responsabilité envers l’homme qu’il a créé en lui donnant sa miséricorde et en lui offrant donc d’y participer par des œuvres de miséricorde. Il n’y a pas de miséricorde sans œuvre éponyme. Il faut contempler la miséricorde divine pour que cela devienne un style de vie et pas seulement des actions particulières qui perdent vite leur signification, qui ne puisent pas dans Dieu. Dans ce cas, les actes envers les pauvres deviennent des actes qui blessent car ils les constituent dépendants. ». Et Mgr Santier de rappeler la figure du riche, définitivement privé de la source du Père, par rapport à Lazare ; il faut puiser dans la Parole de Dieu l’inspiration de ses actes, tant qu’il est encore temps, pour lutter contre le mal de notre temps, la solitude, fruit de l’indifférence. Le message semble plus que jamais d’actualité !

L’Eglise se met donc en marche pour chercher quel était le visage du Père Ange, pour discerner s’il doit être béatifié. Et ce chemin est occasion aussi pour nous tous de découvrir en parallèle une face du visage du Père Ange. Chercher, trouver, aimer le Christ est appelé à devenir notre chemin pour, avec lui, avoir soif, soif de Dieu, soif des âmes et se mettre en démarche de conversion, de sanctification.

Acte de foi du père Ange :

Jésus mon adorable Seigneur,
Je crois fermement que c’est à vous à qui je vais rendre mes très humbles services en vos pauvres,
Et que Vous résidez en eux par une admirable union d’intérêt et d’amour,
Et que Vous y recevez mes faibles assistances.
Je le crois parce que Vous l’avez dit,
Et que Vous avez promis de le dire au jour du jugement,
Et parce que Vous l’avez fait connaître très souvent à vos Saints par de très miraculeuses apparitions.
Comme je crois que ce serait à Vous que je refuserais mes services si je négligeais de les rendre. Amen.

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