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      Relire une année de vie

Relire une année de vie

Au terme ou au commencement de l’année liturgique, il est toujours bon de se livrer à un exercice, souvent discret mais essentiel : la relecture spirituelle.


Relire sa vie sous le regard de Dieu n’est pas se retourner avec nostalgie ou scruter nos actions comme un comptable ; c’est apprendre à repérer, dans le tissu de nos jours, la présence de Dieu qui nous a précédés, accompagnés, parfois déroutés. C’est reconnaître les lieux de consolation où sa grâce a porté du fruit, et ceux de désolation où, peut-être, il nous appelle à une conversion plus profonde.
 
Ainsi, faire une relecture spirituelle, c’est d’abord entrer dans une attitude de gratitude. Identifier la présence de Dieu dans ce qui a été vécu durant l’année écoulée peut véritablement devenir source de joie, et celle-ci, bien reliée à sa source, nous conduire à une plus grande gratitude envers Dieu. C’est d’ailleurs ce que Paul exhorte les Thessaloniciens de faire : « Rendez grâce en toute circonstance ; c’est la volonté de Dieu à votre égard » (1Th 5, 18).

Relire sa vie, c’est aussi identifier les « cibles ratées », les espérances que Dieu a mises en nous et qui sont devenues espérances déçues. Les identifier ne relève ni du perfectionnisme ni du scrupule ; c’est un acte de notre désir de vie et de croissance ; c’est un appel à recevoir la lumière de Dieu pour avancer.
A ce titre, il est singulier de remarquer la difficulté que certains ont à accepter de faire une relecture. Parce que s’interdire de relire, c’est s’interdire de progresser et d’avancer. Peut-être est-ce là une manière de faire de ce ceux qui entretiennent une relation de peur avec Dieu, qui doutent de sa miséricorde en même temps que de leurs propres mérites ? (Cf. 1Jn 4,18) Or, « l’anxiété et l’inquiétude de l’esprit ne plaisent point à Dieu. Le Seigneur veut que nos limites et nos faiblesses prennent appui en sa force et en sa toute-puissance ; il veut nous voir croire que sa bonté peut suppléer à l’imperfection de nos moyens » (Saint Ignace). En effet, on ne peut reconnaitre paisiblement ses « cibles ratées » que si l’on a conscience d’une part que les motifs d’action de grâce demeurent, de toutes façons, bien plus grands, et d’autre part, que « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8, 28).
 
La sainteté n’est pas un sommet réservé à quelques-uns ; elle est ce chemin, pas après pas, où nous laissons l’Esprit affiner nos désirs, purifier nos choix et orienter notre marche vers Dieu le Père pour sa gloire et notre joie.
En ce changement d’année liturgique, prenons un moment pour demander humblement : Seigneur, apprends-moi à voir ma vie avec tes yeux. Alors, éclairés par cette relecture, nous pourrons entrer dans le nouvel Avent comme des pèlerins confiants, disponibles à la grâce qui transforme.

P. Cédric de La Serre, Curé de Chaville

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