Ce constat est issu de l’Index annuel de la persécution des chrétiens, qui évalue la situation dans 50 pays à partir de critères précis : violences physiques, assassinats, détentions arbitraires, mais aussi oppression quotidienne (restrictions du culte, interdiction de posséder une Bible, discriminations sociales, pressions administratives ou surveillance des églises).
Le rapport s’ouvre sur le témoignage particulièrement poignant de Jean-Pierre Elikia, pasteur évangélique dans l’est de la République démocratique du Congo. Il relate les massacres commis par le groupe islamiste ADF, notamment l’assassinat de dizaines de civils réfugiés dans une église, l’attaque meurtrière d’une veillée de prière, ainsi que l’enlèvement et les violences subies par sa propre fille. Ce témoignage illustre l’un des constats majeurs du rapport : le sentiment d’abandon ressenti par de nombreuses communautés chrétiennes, qui ont le sentiment d’être oubliées par la communauté internationale.
Sur le plan quantitatif, l’ONG recense 4 849 chrétiens assassinés dans le monde en 2025, dont plus de 70 % au Nigeria. Elle précise toutefois que ces chiffres ne concernent que les cas où la motivation religieuse est clairement établie et documentée. Le rapport souligne ainsi que, dans des contextes de violence généralisée, comme au Nigeria, chrétiens et musulmans peuvent être victimes des mêmes groupes armés, mais que certaines attaques ciblent explicitement les chrétiens en raison de leur foi.
L’Afrique subsaharienne apparaît comme l’une des régions où la situation se dégrade le plus fortement, en raison de l’expansion de groupes djihadistes dans des États fragilisés. Le Burkina Faso, le Cameroun et la Centrafrique figurent parmi les pays où la persécution s’est nettement aggravée ces dernières années.
Le rapport attire également l’attention sur l’Inde, où près de 2 200 chrétiens seraient actuellement détenus. L’ONG dénonce l’usage croissant des lois dites « anti-conversion », promues dans un contexte de nationalisme hindou, et souvent utilisées pour criminaliser des conversions pourtant volontaires.
Enfin, la situation des chrétiens en Syrie est jugée particulièrement préoccupante. Plus d’un an après la chute du régime de Bachar al-Assad, le pays remonte fortement dans l’Index, passant de la 18ᵉ à la 6ᵉ place. Attentats contre des églises, assassinats et pressions islamistes poussent de nombreuses communautés à dissimuler leur foi et accélèrent un phénomène d’exode et d’effacement démographique.
Dans son ensemble, le rapport de Portes ouvertes dresse le tableau d’une persécution multiforme, enracinée dans des contextes politiques, idéologiques et religieux complexes, et appelle à une prise de conscience internationale plus ferme.
Pour plus d’informations : https://www.portesouvertes.fr/








