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    Réconciliation

Réconciliation

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  • 10 juin 2010
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La Réconcilation est l’acte gratuit par lequel Dieu pardonne au pécheur repentant et le réintroduit dans sa paix, grâce au Christ mort et ressuscité, en qui tous les péchés sont pardonnés.

Depuis quelques années, on parle plus volontiers de "sacrement de la réconciliation" à propos de la confession.

Le sacrement de la réconciliation par excellence est le baptême.


Dans l’Evangile, nous voyons souvent Jésus pardonner les péchés au nom de Dieu son Père. Il a confié à l’Eglise la mission de continuer cette action de réconciliation.

Le pardon de Dieu est exprimé par un prêtre qui représente le Christ. Ce sacrement s’accomplit dans un dialogue.

Une journée du pardon préparer à la fête de Pâques aura lieu le mercredi 12 avril 2017 à Notre-Dame-de-Lourdes de 15h30 à 21h ;

Les confessions individuelles sont possibles à Notre-Dame de Lourdes le samedi de 17h à 17h45, et sur rendez-vous.

Le mardi 27 mars 2012, le père Didier BERTHET, supérieur du séminaire d’Issy-les-Moulineaux, a fait à l’église Notre-Dame-de-Lourdes, dans le cadre des conférences de Carême, une conférence sur La véritable libération du sacrement de Réconciliation que vous trouvez ci-après

Introduction :

lecture de la 2ème lettre aux Corinthiens de saint Paul, chapitre 5, versets 14 et suivants :

En effet, l’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous, et qu’ainsi tous ont passé par la mort.
Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.
Désormais nous ne connaissons plus personne à la manière humaine : si nous avons compris le Christ à la manière humaine, maintenant nous ne le comprenons plus ainsi.
Si donc quelqu’un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né.
Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation.
Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ; il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés, et il mettait dans notre bouche la parole de la réconciliation.
Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu.

C’est le Christ qui nous réconcilie avec Dieu et qui nous a confié le ministère de la réconciliation, ministère qui est aussi un mystère, c’est-à-dire que nous avons à le redécouvrir chaque jour.

Ce sacrement est en crise mais aussi en renouveau ! La désaffection large de ce sacrement nous donne l’occasion de discerner et de nous renouveler : une crise est un moment de passage, pour se ré-orienter.

Vatican II donne de nouveaux outils pour ce sacrement, en reprenant son aspect ecclésial et communautaire ; cf les propositions de journée du pardon. On voit aussi combien c’est un beau moment que l’on vit dans des temps forts comme dans des pèlerinages.

1. Ce que nous apprennent les écritures.

La révélation biblique éclaire le sens de la pénitence : dans le nouveau testament, contempler ce que fait Jésus dans son ministère, vie publique nous aide à intérioriser ce sacrement, car il nous indique trois dimensions que Jésus nous montre :

  • Jésus fait bon accueil aux pécheurs : Cela entraîne des récriminations ; cf la parabole du fis prodigue ou celle du fils ainé, qui est dans la situation des auditeurs de Jésus qui ne comprennent pas pourquoi il accueille les pécheurs : la pointe de cette parabole, c’est le fils ainé et son attitude que dénonce Jésus.
  • Jésus pardonne les péchés au nom de Dieu : Cf la parabole du paralytique qui est passé par le toit . Dieu donne à Jésus ce pouvoir de pardonner les péchés. Il y a aussi ceux qui montent ce paralytique, ceux qui veulent que l’on s’approche de Dieu, pour guérir.
  • Jésus transmet le pouvoir et la mission de pardonner : C’est le texte sur le « pouvoir des clés » dans Mathieu 16. Voir aussi en Matthieu 18 le discours communautaire : jusqu’à combien de fois puis-je pardonner ? il y a des procédures pour la réconciliation. C’est aussi la présence de Jésus après sa résurrection, qui souffle sur apôtres et leur donne le pouvoir de remettre les péchés.

C’est dans la contemplation et l’approfondissement du mystère de la réconciliation dans le Christ que St Paul nous parle du Salut, de l’œuvre du Christ (2 Co 5,14). Il nous montre que le Christ a fait trois réconciliations :

  • 1ère réconciliation : celle entre Israël et les nations païennes : des deux il a fait un seul peuple !
  • 2ème réconciliation : c’est celle du terme, où toute la création sera rassemblée, renouvelée ; par Dieu, et à son initiative, tout est réconcilié par Dieu ;
  • 3ème réconciliation : celle qui nous est offerte chaque jour, où nous pouvons l’accueillir au nom du Christ ; se laisser réconcilier nous libère, nous rassemble.

2. L’expérience de l’Eglise.

- L’évolution de la pratique.
La réconciliation s’enrichit de l’expérience de l’Eglise, le Baptême étant le premier sacrement de la réconciliation. A l’origine, c’est le seul.
Mais, comment faire avec ceux qui pèchent à nouveau ? est alors introduit une sorte de 2nd baptême, dès la fin du IIè siècle ; mais il n’est possible qu’une seule fois, avec une pénitence publique. Comme pour le catéchuménat, on « entrait en pénitence » pour plusieurs mois par l’évêque ; visibilité de ce pénitent, il ne communie plus, puis au fil de ces mois il remonte dans l’église, puis à Pâques il recommunie ; ceci est pratiqué jusqu’au 6ème , 7ème siècle. Il y avait absolution, on recevait la paix de l’Eglise.
Comme il n’y avait qu’une pénitence, on le faisait tard, pour ne pas retomber !

Dans le milieu monastique, l’accompagnement spirituel se pratiquait : on ouvrait son cœur au père spirituel, pour être conduit spirituellement. C’est ainsi que s’est développée, en Irlande, une forme individuelle et réitérable de la pénitence.

- La célébration de la réconciliation.

Dans la célébration de la réconciliation :

  • Tout vient de Dieu
  • C’est un acte de Dieu qui nous est donné par l’intermédiaire de l’Eglise
  • Et il y a les actes du pénitent.

Il y a ainsi 4 actes, dont 3 de la part du pénitent, un de la part de l’Eglise :

  • 1. Contrition : c’est un acte intérieur. Par indulgence on a permit de réduire les actes matériels de pénitence, ex jeûne. St Thomas d’Aquin insiste sur disposition intérieure, le regret ; ce n’est pas un sentiment comme la culpabilité, mais un acte, la volonté de prendre de la distance, de se convertir avec l’aide de Dieu. La contrition est soit parfaite, et elle est nécessaire comme réponse à l’amour de Dieu qui nous aime, soit imparfaite car on a honte, on n’est pas fier !
  • 2. Aveu , c’est-à-dire la confession elle-même des péchés.
  • 3. La satisfaction ou pénitence : cela n’obtient pas le pardon, il est acquis ! St Thomas et le Concile de Trente montrent que c’est pour participer à la miséricorde de Dieu : on collabore ainsi à l’œuvre de notre Salut ; ce peut être un temps de méditation, un pèlerinage, une aumône. Par là, Dieu nous associe à notre libération. La souffrance n’est pas à exalter, mais à être associée à celle du Christ, pour la pénitence.
  • 4. Absolution : acte de Dieu, réconciliation avec Dieu et l’Eglise.

A noter que les célébrations pénitentielles collectives (avec confession personnelle ou non) manifestent l’aspect ecclésial de la pénitence.

- Les divers mots pour parler de ce sacrement.

On parle de sacrement du pardon, de pénitence, de confession, de réconciliation : diversité de mots !

  • 1. Sacrement du pardon : met davantage l’accent sur l’aspect personnel, sur l’expérience vécue ; insiste sur la contrition, comme réponse à Dieu qui nous aime. Il y a un pardon à vivre, importance de la démarche intérieure.
  • 2. Confession : on insiste sur l’aveu mais pas seulement ; il y a une dimension anthropologique majeure de notre libération : quand on dit le péché, il sort, on n’est plus rongé par ce péché !
  • 3. Réconciliation : on insiste plus sur l’acte de ce que l’Eglise m’apporte. Le ministère apostolique en a la charge, sacramentelle, de juridiction. Tout prêtre a reçu la faculté de cela, mais pour que ce sacrement soit valide, le fait d’être prêtre ne suffit pas : c’est l’évêque qui est le ministre, c’est un acte de gouvernement, qui est délégué au prêtre, qui est formé pour ce ministère, pour exercer ce pouvoir de lier / délier. Le prêtre est à la fois médecin et juge : il aide à discerner et juge ; par lui, l’Eglise réadmet le pénitent dans son sein.
  • 4. Pénitence : aspect de satisfaction mis en avant, un baptême laborieux !

3. Trois confessions différentes et nécessaires selon St Augustin :

- confession de la foi : on s’approche de Dieu, souvent à la rencontre de soi seulement ! mon père je m’accuse de … Dieu accueille, lui ! mais je suis en présence de Dieu : c’est une démarche contemplative, sinon moralisante, d’introspection ! cela doit nous orienter non pas vers nous mais vers Dieu.
Le rituel actuel donne sa place à la Parole de Dieu, dans la célébration communautaire et même individuelle : lire un évangile qui nous a fait méditer, car c’est là que je me reconnais pécheur ; et non un catalogue du bon chrétien ; c’est à une vraie rencontre dans la foi que nous sommes invités. Même réciter le credo.
Dans ma dignité je me reconnais pécheur, parce que nous sommes conscients de la dignité, que nous redisons notre alliance avec Dieu, et, cela, dans un climat de foi.
arfois : Je viens me confesser car j’ai perdu la foi !! ben non sinon on se serait pas là !

- confession du péché, ou des péchés : l’aveu est difficile,
3 niveaux dans cette confession :

  • matériel : j’ai fait ou pas cela ; c’est factuel ;
  • moral : si j’ai fait çà ou pas, c’est que en moi quelque chose n’est pas juste , je n’ai pas assumé, j’ai de la dureté de cœur, de la désinvolture, de la fermeté de cœur ;
  • théologique : manifestation de foi ,espérance et charité ; il s’agit de l’alliance d’amour avec Dieu qui m’aime , qui m’a sauvé en Jésus, j’ai blessé .

- confession de la louange : contraire du péché, cf le psaume 50 : « Seigneur, ouvre mes lèvres et je serai sauvé » : c’est la louange !! mieux que la vertu.
Offrir à Dieu les marques d’une vie nouvelle, la satisfaction !
Ce n’est pas une éponge passée, une ardoise effacée !! Dieu fait toujours du nouveau quand il agit, dans mon alliance avec lui.
S’il n’y a pas de changement dans ma vie, ce sera un changement dans le théologal, dans l’action de grâce : je grandis, comme la pécheresse pardonnée qui verse du parfum ; je change, comme Zachée, qui a le sentiment d’une nouvelle vie qui commence.
Prière aussi ; dire le magnificat ensemble avec le prêtre à la fin, pour terminer dans la louange, joie !!

On va chercher un sacrement, se faire sanctifier, rupture forte avec Dieu.

4. Quelques questions.

Les formes de la célébration communautaire : il y en a trois :

  • ans absolution ni individuelle ni communautaire : c’est une célébration, qui peut par exemple avoir lieu avant une journée du pardon, où chacun viendra en confession individuelle ;
  • avec absolution individuelle : on rend grâce, on prie les uns pour les autres, puis chacun se confesse ;
  • avec absolution collective : c’est une forme qui peut se faire dans des conditions précises, par exemple en cas de pénurie de prêtres, lors d’une grande assemblée de fidèles où l’on ne pourra pas recourir à la réconciliation individuelle. Exemple aussi d’un missionnaire au Brésil qui a 80 paroisses qui ne passe que tous les trois mois… et la prochaine confession sera individuelle. Dans ce conditions, le fidèle doit avoir la ferme intention de confesser ses péchés graves à la première occation.

La démarche du fidèle.
C’est toujours Dieu qui prend l’initiative, et c’est la miséricorde du Seigneur qui est à bien reconnaître. Prêcher la miséricorde de Dieu.
Cf Luc chapitre 15, brebis retrouvée : joie du ciel quand un pécheur est pardonné. Après une confession on se sent bien. Exemple d’un chartreux qui se confessait tous les jours pour donner à Dieu la joie de pardonner !
Attention : c’est bien Dieu qui vient vers nous, c’est le père qui accourt comme dans la parabole du fils prodigue.

La culpabilité et l’aveu : il y a coexistence entre mémoire psychologique et théologale ; le péché pardonné, ce n’est plus mon péché ! mais on le sent encore.
Concrètement : que dire comme manquement dans tel ou tel domaine ? retourner la question en considérant que l’on vient pour rencontrer Dieu qui nous aime, pour lui demander de changer notre cœur dans notre vie, pour que ce soit conforme à Dieu, pas seulement transgressions : demander à Dieu de changer pour aller vers le mieux

La sclérocardie ou dureté du cœur : c’est la source du péché ; reconnaître cela, pour transformer notre cœur par sa miséricorde : « donne nous Seigneur un cœur nouveau. » Il ne s’agit pas de reconnaître un défaut, mais un péché, c’est-à-dire un défaut d’aimer…
Manque de loyauté, de confiance, de justice, dominateur , égoïste…

Lier et délier les péchés : y a-t-il des péchés impardonnables ? Blasphème contre l’esprit saint : pas de péché irrémissible ! en revanche l’Eglise peut constater que quelqu’un ne peut pas pour le moment recevoir le pardon, lorsqu’il y a confession mais pas de regret du péché : le pardon n’est pas recevable, le fidèle ne se rend pas disponible. Ainsi un désordre de vie que l’on confesse mais que l’on ne pense pas changer ; dans ce cas, l’accès à la confession devient difficile, douloureux.

Autres chemins de réconciliations : le sacrement de réconciliation n’est pas l’unique chemin pénitentiel pour la réconciliation ; aucun fidèle n’est exclu des œuvres de pénitence : charité, engagement, abnégation. Cela nous associe au Christ dans son œuvre de salut et cela nous mène à la réconciliation aussi !
On peut se confesser sans recevoir l’absolution si situation délicate.

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